Le mouchoir noir

Sois naturel

Le huitième étage était plus calme que les autres, et ce calme n’avait rien de rassurant.

Rol et Ellouane étaient descendus jusque-là en attendant les autres, deux marches à la fois, sans se retourner. Ils s’étaient arrêtés sur un palier à demi désert, où quelques silhouettes passaient sans lever les yeux, et ils avaient posé leur otage contre le mur, entre eux deux, comme un colis qu’on ne veut pas perdre de vue.

Ellouane tenait le taser plaqué contre les côtes du garde, sous le pan de sa veste, là où personne ne pouvait le voir. Son bras ne tremblait pas. C’était le reste d’elle qui tremblait, en dedans, cette part qui comptait les secondes et se demandait pourquoi les autres ne descendaient pas.

« Tu marches quand je marche, souffla-t-elle, la bouche à peine ouverte. Tu t’arrêtes quand je m’arrête. Et si quelqu’un te parle, tu réponds comme un homme qui n’a rien à cacher. »

Le garde déglutit. C’était un grand type au visage mangé de fatigue, l’armure de bois cabossée aux épaules.

« Et si je crie ? »

« Tu ne crieras pas. » Elle appuya le taser un peu plus fort, juste assez pour qu’il sente le métal froid à travers le tissu. « Parce qu’avant que le son sorte, tu seras par terre à baver sur tes bottes. Alors sois naturel. »

Il fut naturel. Étonnamment naturel, même, un homme qui avait choisi de vivre et qui le montrait dans chaque geste retenu. Quand une patrouille passa au bout du couloir, il hocha la tête vers elle, à peine, le salut lasse d’un collègue en fin de service. La patrouille passa. Ellouane relâcha un souffle qu’elle gardait depuis trop longtemps.

Rol, adossé de l’autre côté, regardait l’escalier qui montait.

« Ils prennent leur temps, dit-il à mi-voix. C’est bon signe. Quand ça tourne mal, ça descend vite. »

« Ou ça ne descend pas du tout. »

« Toujours le mot pour rassurer, toi. » Il eut un demi-sourire, sans y croire tout à fait, et reporta les yeux sur les marches vides.

Le code qu’il n’avait pas

Là-haut, dans le cellier frais accolé aux cuisines, Stein parlait bas.

Khal-Udra, Amyr et Triah s’étaient serrés entre les étagères, dans l’odeur de farine et de graisse refroidie, et ils l’écoutaient dérouler ce qu’ils étaient venus chercher. Le vingtième étage. La salle des machines. Stein en traçait le chemin de mémoire, un palier après l’autre, du bout de son gant.

« Vous montez, vous montez encore, et à un moment le chemin s’arrête. » Il posa la main à plat sur une étagère, comme sur une porte. « Il y a un poste. Une autorisation spéciale pour aller plus haut. Un code. »

« Quel code ? » demanda Triah.

Stein eut une moue.

« C’est bien le problème. Les gardes se le demandent entre eux, à voix basse, avant de laisser passer. Un mot, une phrase, je ne sais pas. » Il écarta les mains, embarrassé. « Moi, je ne l’ai jamais eu. On ne me l’a jamais donné. Je ne suis pas de ce cercle-là. »

Khal-Udra ne dit rien. Il rangeait l’information à côté des autres, dans ce coin de sa tête où il alignait les choses en attendant qu’elles finissent par former un dessin.

« Donc on monte, résuma Amyr, plate, et on se fait arrêter en haut faute d’un mot qu’on n’a pas. »

« Vous trouverez le mot. » Stein les regarda l’un après l’autre, ces trois visages jeunes et propres, avec la même lueur que les autres avaient eue avant lui. « Des gens comme vous trouvent toujours. Redescendez d’abord. Retrouvez vos amis. On ne monte pas au vingtième dépareillés. »

Ils redescendirent.

La descente

Le douzième étage était barré.

Deux gardes s’y tenaient en travers, immobiles, et derrière eux, plus bas d’encore deux paliers, montait une rumeur qui n’avait rien de bon : des ordres jetés, des pas nombreux, le raclement de quelque chose de lourd qu’on traîne. Au dixième, ça s’affairait. Ça s’affairait beaucoup.

Triah comprit avant les autres. Le dixième. La cage d’escalier. Les corps qu’ils avaient poussés dans un coin, à peine cachés par l’angle du mur.

« C’est nous, souffla-t-elle. Ce carnage, en bas. C’est ce qu’on a laissé. »

Personne ne répondit. Il n’y avait rien à répondre. Cinq gardes morts finissaient toujours par se faire remarquer, et maintenant tout l’immeuble se penchait sur leur ouvrage.

L’un des gardes du douzième leva la main quand ils approchèrent.

« On ne passe pas. Pas maintenant. »

Triah prit une inspiration et devint quelqu’un d’autre. Ses épaules s’affaissèrent, son visage se ferma sur une gêne pénible, très féminine, très ordinaire.

« S’il vous plaît. » Elle baissa la voix, comme on confie une misère. « J’ai mes règles. Ça vient de me tomber dessus, là, maintenant, et j’ai tout ce qu’il me faut dans mon logement, en bas. Deux étages. Je fais vite. » Elle grimaça, une main sur le ventre, parfaitement crédible. « Vous n’allez quand même pas me faire rester plantée là comme ça. »

La garde — car c’était une femme — la considéra un instant. Quelque chose dans son regard céda, une solidarité fatiguée, le genre de chose qui passe entre deux personnes qui savent de quoi il retourne.

« Vite, alors. » Elle s’écarta d’un demi-pas. « Et vous ne traînez pas au dixième. Ce n’est pas un spectacle. »

Ils descendirent.

Triah, elle, traîna du pied. Pas assez pour qu’on le remarque. Juste ce qu’il fallait pour laisser les conversations la rattraper, ces bribes que les gardes échangeaient entre eux en croyant les corps trop occupés à mourir pour écouter les vivants. Elle glana, marche après marche, l’oreille tendue vers le bas.

Une porte. Une porte secrète, quelque part. Et des mots qui revenaient, un réseau, des informations qui circulaient, un commerce de secrets qui sévissait tout en bas, au premier étage.

Elle rangea tout ça derrière ses dents et ne dit rien avant d’être hors de portée.

L’enfant du garde

Ils se retrouvèrent au huitième, tous les six et l’otage, et se vidèrent les poches de ce qu’ils avaient appris.

Le vingtième pour les machines, et un code qu’il fallait dénicher. Le premier pour cette porte secrète et ce réseau que Triah avait surpris. Ils recomposaient la carte de l’immeuble à voix basse, tête contre tête, quand la garde qu’Ellouane surveillait se mit à parler.

Elle parlait depuis un moment, en fait, mais tout bas, et personne ne l’écoutait. Maintenant sa voix montait, cassée, suppliante.

« Laissez-moi partir. Je vous en prie. » Ses poignets tiraient sur le lien de fil de pêche qui les mordait. « Je n’ai rien vu. Je ne dirai rien. J’ai une fille. Une petite fille qui m’attend, en bas, et si je ne rentre pas ce soir, il n’y aura personne pour elle. Personne. »

Un silence gêné passa entre eux. C’était toujours pareil, ces gens qui, à l’instant de mourir ou d’être abandonnés, se révélaient soudain avoir un enfant quelque part.

Ce fut Khal-Udra qui trancha, de sa voix la plus égale.

« On te laisse partir. » Il s’accroupit devant elle, à hauteur de ses yeux, et il n’y avait aucune chaleur dans les siens. « Mais écoute-moi bien. Si un seul mot de tout ça sort de ta bouche — un seul — ce n’est pas nous qui viendrons. C’est pire que nous. Et ta fille aura encore plus besoin de quelqu’un pour elle. Tu comprends ce que je te dis ? »

Elle hocha la tête, vite, trop vite.

« Je comprends. Je comprends. »

Ils la détachèrent. Elle se leva en chancelant, se frotta les poignets, et disparut dans l’escalier sans un regard en arrière, avalée par la pénombre humide comme si elle n’avait jamais existé.

Ellouane rangea son taser. Ses mains, cette fois, tremblaient pour de bon.

Le Salbek qui mord

Ils finirent par descendre jusqu’en bas, au premier, et se laissèrent flotter dans les couloirs.

C’était un autre monde, ici. Plus bas, plus dense, plus louche encore que les étages du dessus. On y commerçait dans l’ombre des renfoncements, on y chuchotait, on y échangeait de main à main des choses qu’on n’aurait pas voulu voir à la lumière. Triah cherchait des yeux sa porte secrète sans la trouver. Mais au fond d’un couloir, deux silhouettes attirèrent le regard de Khal-Udra et ne le lâchèrent plus.

Un humain et un Salbek, tête contre tête, les gestes trop vifs, cette manière qu’ont les gens de se figer une seconde de trop quand un inconnu s’approche. Entre leurs mains, ça passait vite. De la poudre. De la drogue, à n’en pas douter.

Khal-Udra et Amyr fondirent sur eux sans se concerter.

« Ce que vous vendez ne m’intéresse pas, dit Khal. Ce que vous savez, si. La porte secrète. Le réseau. Parlez. »

L’humain eut un rire mauvais et cracha un refus. Le Salbek, lui, ne dit rien du tout : il les toisa, les oreilles hautes, avec l’assurance tranquille de quelqu’un qui a déjà vu pire que deux gamins pressés.

Amyr ne discuta pas davantage. Le taser jaillit, se planta dans le flanc de l’humain, et le crépitement l’envoya au sol, la mâchoire verrouillée, secoué de spasmes.

Au même instant, Khal-Udra avait levé son fusil et posé le canon droit sur le front du Salbek.

L’autre ne broncha pas. Il baissa lentement les yeux vers le canon, puis les releva vers Khal, et un sourire lent lui fendit le visage. Alors, sans se presser, il pencha la tête, referma les mâchoires sur le bout du canon et mordit. L’acier crissa contre ses dents. Il tenait le fusil dans sa gueule comme un chien tient un bâton, et ses yeux disaient : vas-y. Vas-y donc, pour voir.

Quelque chose passa dans la mâchoire de Khal-Udra.

« Crache ça, dit-il, très bas. Crache, ou je te pète les dents qui te restent, une par une, et tu finiras ta vie à boire de la soupe. »

« Ça suffit ! »

Rol s’était interposé, les bras écartés, entre le canon et la gueule, entre l’humain à terre et Amyr encore prête à recommencer.

« Vous êtes tous devenus fous ? » Il les engueula sans distinction, les siens comme les autres, avec l’autorité brute d’un homme qui a fini par en avoir assez. « On cherche une porte, pas une boucherie. Vous — » un doigt vers le Salbek — « lâchez ce fusil. Et vous — » vers Khal, vers Amyr — « rangez-moi tout ça avant qu’un étage entier nous tombe dessus. »

Il y eut un long moment suspendu. Puis le Salbek desserra les dents, laissa le canon glisser hors de sa gueule, et recula. L’humain se releva péniblement, encore agité de soubresauts, et les deux s’en allèrent sans un mot, la démarche raide, se fondant dans la foule du couloir.

Khal-Udra abaissa son fusil. Son regard, lui, resta braqué sur leurs dos tant qu’il put les suivre.

Ce que la foule cachait

La foule s’était amassée pour regarder la scène, comme partout où ça sent la bagarre.

Et maintenant, cette foule s’écartait.

Elle s’écartait mal, d’une façon qui n’avait rien de naturel, non pas en reculant devant un coup mais en s’ouvrant, en se rangeant, comme un rideau qu’on tire. Le couloir se dégagea d’un coup sur toute sa longueur, et au bout, révélé par ce vide, un homme se tenait debout.

Triah le reconnut avant même de distinguer ses traits. Quelque chose dans son ventre se noua.

Mark.

Il n’était pas seul. Quatre silhouettes l’encadraient, et elles suffisaient à boucher le couloir d’un mur de corps. Deux Salbeks, l’un derrière avec une arme longue en travers des genoux, assis avec une nonchalance de fauve, l’autre plus près, une batte posée en travers de l’épaule, assis lui aussi, comme si rien de ce qui allait suivre ne méritait qu’on se lève. Une humaine, sur la gauche, une arbalète de poing pendant au bout d’un bras détendu. Et un Thog, énorme, difforme, dont l’outil hérissé de dents attendait contre sa cuisse. Ils ne bougeaient pas. Ils n’en avaient pas besoin. Leur immobilité disait tout.

« Alors c’est vous, dit Mark, qui faites tant de bruit dans mon immeuble. »

Triah leva les mains, paumes ouvertes, et se répandit en excuses avant que quiconque ait pu parler. Un malentendu. Une bêtise. Ils n’étaient là pour ennuyer personne.

Khal-Udra, lui, ne s’excusa de rien. Il s’était placé de biais, le poids sur la jambe arrière, et son silence pesait plus lourd que les mots de Triah.

Mark leva une main, presque las.

« Rangez les crocs. » Un demi-sourire. « Je ne suis pas venu pour ça. On va faire les choses correctement. On va aller là, dans cette pièce, et on va discuter. Comme des gens civilisés. »

Ce n’était pas une invitation qu’on pouvait décliner.

Deux pièces

Rol et Ellouane s’étaient faits tout petits.

Dans le mouvement, dans le remous de la foule et des sbires, ils avaient reculé d’un pas, puis d’un autre, jusqu’à sortir du cercle. Mark ne les avait pas comptés. On les emmenait, les autres, vers la pièce attenante ; eux deux restaient dehors, oubliés, ce qui valait mieux que l’inverse.

Ellouane continua de s’effacer, le dos aux murs, le regard bas.

Rol, non. Rol fouinait, comme toujours, et c’est ainsi qu’au creux d’un renfoncement il retrouva une silhouette qu’il connaissait. Le Salbek. Celui du couloir, celui qu’on avait tazé et menacé et qu’il avait, lui, tiré de là. L’autre le reconnut aussitôt et son visage s’ouvrit d’une gratitude presque gênante.

« Toi. » Le Salbek posa une main sur son avant-bras. « Tu t’es mis entre le canon et moi. Personne ne fait ça, ici. Personne. » Il jeta un œil autour de lui, baissa la voix. « Je m’appelle Wayne. Et je ne suis pas homme à devoir sans rendre. »

« T’as pas à—»

« Écoute. » Wayne se pencha. « Il y a un abri, dans la forêt. Loin des chemins. Plein à craquer de ressources rares, le genre qu’on ne trouve nulle part ailleurs. » Ses oreilles frémirent. « Je le tiens de Zachary. Un bûcheron, chez les Marmog. C’est lui qui me l’a soufflé, à moi, et maintenant je te le souffle, à toi. Fais-en ce que tu veux. Mais fais-en quelque chose. »

Il pressa le bras de Rol une dernière fois et se fondit dans l’ombre du couloir.

Dans la pièce attenante, l’air était plus épais.

Personne ne s’asseyait. On se jaugeait. Des regards passaient d’un bord à l’autre, chargés de défi, de méfiance, de ces calculs muets qu’on fait quand on mesure combien de secondes il faudrait pour dégainer et qui tomberait le premier. Les sbires de Mark tenaient les angles. Khal-Udra tenait le sien.

Et Khal-Udra observait.

Pendant que la tension montait puis, lentement, redescendait, il avait laissé filer son attention sous les mots de Mark, là où il savait parfois lire ce que les gens ne montrent pas. Il s’attendait à de la ruse. À de la menace froide, à une cruauté qui attendrait son heure.

Il ne trouva pas ça.

Quand la tension fut enfin retombée, Mark parla, et il alla droit au but.

« La porte que vous cherchez existe. Vingt-deuxième étage. » Il les laissa encaisser. « Et je vais vous laisser y aller. À une condition. Quand vous la franchirez, vous déposerez ceci. »

Il sortit un mouchoir. Noir. Brodé de rouge d’un crâne posé en diagonale, coiffé d’un croissant de lune comme d’un chapeau. Il le tendit, et l’objet passa de main en main jusqu’à Triah.

« Vous le laissez en passant. C’est tout. » Un temps. « Ou bien vous ne passez pas cette porte-ci — » un geste vers le couloir, vers ses quatre sbires — « et mes gens font le nécessaire ici même. À vous de voir. »

Ils virent vite. Ils acceptèrent.

Mark hocha la tête, comme si de rien n’était, et se prépara à partir. Sur le seuil, il se retourna, et lâcha une dernière chose, presque en passant.

« Ah. Puisque vous montez. Le code des gardes, celui qu’on se demande avant de laisser passer. » Un mince sourire. « Il n’y en a pas. Le code, c’est justement qu’il n’y a pas de code. Celui qui répond une phrase se trahit. Celui qui ne répond rien passe. »

Il s’en alla là-dessus.

Khal-Udra le suivit des yeux, et ce qu’il avait lu en lui pendant tout ce temps ne le lâchait pas. Pas de cruauté. Pas de piège. De la sincérité. Une sincérité étrange, presque émue, comme si cet homme, en leur ouvrant la porte, s’ouvrait aussi d’autre chose qu’il ne disait pas.

La machette parfaite

Ils remontèrent les étages, vidés, les jambes lourdes de tout ce qu’ils venaient de descendre.

Il fallait d’abord se rendre présentables. Ils trouvèrent des toilettes à un palier, un réduit crasseux qui puait le renfermé, et s’y relayèrent pour effacer les traces. Le sang, surtout. Il y en avait partout, séché sur les cous, croûté dans les cheveux, incrusté sous les ongles. Ils s’essuyèrent comme ils purent, changèrent ce qui pouvait l’être, tordirent des chiffons humides sur les plaies encore ouvertes.

Rol, lui, trouva mieux. Il ressortit d’une cabine avec, brandi comme un trophée, un rouleau de papier hygiénique intact.

« Regardez-moi ça. » Il le fit tourner, béat. « Du vrai. Doux et tout. Ça faisait un bail. » Et, sans plus de cérémonie, il retourna s’enfermer pour régler une affaire personnelle que les événements de la journée avaient trop longtemps différée. « Une équipe, ça partage les bonnes nouvelles, lança-t-il à travers la porte. Mais pas celle-là. Celle-là, je la garde. »

Personne ne discuta son droit.

Quand ils furent à peu près propres, à peu près calmes, à peu près humains de nouveau, ils cherchèrent un endroit où poser tout ça. Ils le trouvèrent au quatrième, une gargote coincée entre deux paliers, dont l’enseigne peinte à la main annonçait, avec un aplomb qui les fit sourire malgré eux : La machette parfaite.

Ça sentait la graisse chaude et quelque chose de grillé, une odeur presque bonne après la journée qu’ils avaient eue. Derrière le comptoir régnait le patron, un cyborg au crâne pour moitié rasé de près, l’autre moitié hérissée de cheveux épars qui partaient dans tous les sens, comme si on l’avait interrompu au milieu d’une coupe et qu’il n’était jamais revenu la finir. Un œil vivait, l’autre luisait d’une lueur mécanique. Il les regarda entrer, jaugea leurs mines défaites, et essuya lentement le comptoir devant lui.

« Terry, dit-il, en guise de bonjour. Et vous, vous avez la tête de gens qui ont besoin de s’asseoir. »

Ils s’assirent.

Dehors, l’immeuble continuait de respirer sa fumée grise. Mais ici, un instant, il faisait chaud, et l’odeur du gril couvrait le reste, et c’était assez.


This site uses Just the Docs, a documentation theme for Jekyll.